Motricité libre

La Motricité libre

Développée par Emmi Pikler, pédiatre hongroise, la motricité libre est aujourd’hui bien connue des professionnels de la petite enfance et des parents sensibles au respect du rythme de l’enfant.

Elle consiste « laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit. » (Emmi Pikler). Les contraintes empêchant l'enfant de bouger et les incitations trop précoces à accomplir des gestes non maîtrisés retardent son développement ou son autonomie.

Concrètement, cela signifie :

- Ne pas installer l’enfant dans une position qu’il ne peut pas prendre ou quitter seul

- Apprendre à observer son enfant, ne pas intervenir,

- Sécuriser l’environnement de l’enfant pour lui permettre d’explorer

- Bannir les trotteurs, youpalas et autres jouets qui simulent un déplacement auquel l’enfant n’est pas prêt : laisser l’enfant apprendre à son rythme

- Éviter les temps prolongés dans le transat, le cosy ou les sièges moulés (même avec microbille) : l’enfant y est sanglé et ne peut pas bouger comme il le souhaite.

Un bébé engoncé dans son transat ne peut pas apprendre à se retourner, à attraper les jouets autour de lui, à s’asseoir, etc. L’installation idéale : allongé sur le dos ou sur le ventre, au sol, sur un tapis ou une peau d’agneau.

On ne laisse pas l'enfant "se débrouiller" ou "se développer tout seul" : l’adulte accompagne ses progrès par sa présence discrète, attentive et bienveillante, sans intervenir plus que nécessaire. Il observe, encourage, soutien l’exploration motrice de l’enfant sans l’aider ou le freiner.

Cette approche peut s’étendre à toutes les situations de la vie quotidienne avec votre enfant, quelque soit son âge :

→ Votre bébé rampe déjà partout et aborde les escaliers ? Plutôt que de lui en interdire l’accès, accompagnez-le, sécurisez son ascension de la première marche.

→ Vous recez des amis et Bébé veut toucher à tout ce qui se trouve sur la table basse du salon ? Ne passez pas votre soirée à dire « Non ! », guidez sa main, montrez-lui comment attraper les objets qui ne présentent pas de danger pour lui. Pendant les repas, laissez-le utiliser la cuillère, une fourchette ou un petit couteau non aiguisé et adapté à sa taille : votre enfant veut faire comme les grands, il veut essayer de manger seul !

→ Votre enfant fait de la balançoire au parc, vous souhaitez poursuivre votre balade ou changer de jeu ? Il est capable de descendre seul, mais n’en a peut-être pas envie… Laissez-lui le temps d’appréhender le ralentissement naturel puis l’arrêt de la balançoire, il préférera être acteur de la situation plutôt que de subir votre décision d’interrompre l’activité. En prenant le temps de lui laisser faire les choses, vous gagnerez en sérénité et éviterez les conflits !

La motricité libre fait désormais largement consensus. Elle apporte à l’enfant une confiance en lui, une aisance corporelle, une plus grande prudence, une conscience de ses capacités ET de ses incapacités… qui l’aideront à se construire de manière épanouie.

Kinésithérapie et motricité libre

La kinésithérapie pédiatrique et la motricité libre sont étroitement liés.
Un enfant qui grandi et évolue selon les principes de la motricité libre à la maison aura souvent moins besoin de séances de kinésithérapie, car il ne développera pas les tensions musculaires liée à une installation prolongée dans un matériel trop rigide (imaginez que vous restiez assis plusieurs heures dans une chaise en plastique peu confortable, sans bouger : vous aurez très vite mal au dos!). Il apprendra à son rythme à se retourner, à s’asseoir seul, à ramper, à se mettre debout, etc...

En revanche si les conditions d’accouchement ont été particulières (forceps, spatules, expulsion longue, césarienne…) ou si dans son apprentissage moteur les parents se rendent compte d’une dysmétrie ou d’une « mauvaise » posture persistante (torticolis congénital, asymétrie au quatre-pattes ou à la marche), une prise en charge kinésithérapique peut aider l’enfant à franchir les différentes étapes motrices de façon harmonieuse.

Le kinésithérapeute est là pour «rendre le mouvement possible, facile et utile à… »

D’autre part, les bienfaits de la séance de kiné seront maximisés si l’enfant évolue en motricité libre à la maison. Par exemple, si un bébé soigné pour un torticolis passe la majeure partie de son temps d’éveil dans un transat ou un cosy, les tensions musculaires se réinstalleront peu à peu, et les séances ne pourront apporter qu’un soulagement temporaire. Par contre, si de retour à la maison cet enfant peut expérimenter librement le fait de tourner la tête à gauche et à droite, il va naturellement entretenir sa mobilité cervicale et se muscler de façon symétrique, et donc participer activement à sa rééducation. Comme toujours en pédiatrie, l’implication des parents dans le projet thérapeutique est essentielle à la réussite du traitement.

Pour en savoir plus:

→ Le site de l’Association Pikler Lóczy-France: http://pikler.fr/

→ Pikler E., Se mouvoir en liberté dès le premier âge, Presses Universitaires de France

→ Le site de Michèle Forrestier, kinésithérapeute et auteure du livre : «De la naissance aux premiers pas» :  http://michele-forestier.fr/

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